À Kinshasa, Licelv Mauwa transforme la fête de la musique en geste de partage

Ce dimanche 21 juin, au Jardin botanique de Kinshasa, la chanteuse et philanthrope Licelv Mauwa réunit des enfants, des bénévoles, des contributeurs et des partenaires pour la première des Journées culturelles « Licelv & Nous ».
Derrière la fête, une idée : l’artiste n’a jamais été une simple figure de scène.
Le rendez-vous tient en un lieu et en une intention. Dimanche, dans les allées du Jardin botanique, des enfants orphelins passent la journée entre ateliers créatifs, jeux, animations musicales et visite guidée. La chanteuse et philanthrope Licelv Mauwa les accueille, entourée de l’ONG KAELI et de la Fondation Famille Dorée. Au programme également : une remise de provisions au profit des orphelinats partenaires. Rien de spectaculaire dans l’énoncé. Tout dans l’intention.
La date n’est pas choisie au hasard. Le 21 juin prolonge l’esprit de la Journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin; et rejoint la Fête de la musique. Deux élans, une même évidence pour qui connaît Kinshasa : ici, la musique et l’enfance habitent le même quartier.
Car au Congo, le musicien n’a jamais joué pour la seule scène. Depuis les grands orchestres de rumba des années 1960, l’artiste est une figure de quartier autant qu’une voix. Il anime les fêtes, accompagne les deuils, relie les rues, les familles et les générations. La chanson, à Kinshasa, est une affaire collective avant d’être un produit. C’est cette tradition, discrète et tenace, que prolonge Licelv Mauwa lorsqu’elle affirme que l’art ne se limite pas à la scène.
Sa manière à elle : tourner cette conviction vers les enfants et les communautés. Réunir, le temps d’une journée, celles et ceux que la ville regarde trop peu, et faire de l’art un espace de partage, d’éducation et de souvenir. La nuance compte. Il ne s’agit pas seulement d’offrir une représentation à des enfants, mais de les installer au centre, comme acteurs. L’atelier remplace le concert. Le souvenir heureux devient le vrai livrable.

« Licelv & Nous » n’est d’ailleurs pas conçu comme un moment isolé. L’artiste l’annonce comme une série, un rendez-vous appelé à se renouveler et à passer de communauté en communauté. C’est là que le geste dépasse la bonne action : il esquisse une habitude, une forme. Une façon, pour une génération d’artistes, de réinvestir un rôle social que le Congo n’a jamais vraiment cessé de leur confier.
Un jardin, des enfants, de la musique… et cette idée toute simple : ce qu’on reçoit en héritage se transmet mieux quand on peut le vivre, le toucher, en faire un moment de joie et de dignité.